Barnabé

autodidacte inspiré

On trouve souvent un grand-père original ou une grand-mère effrontée dans les généalogies des forts en gueule, dotés de la force de pousser jusqu'au bout leurs passions, même les plus folles.

Barnabé, Jean-Claude PASCHE pour l'état civil, employé de commerce devenu meneur de revue à succès, attirant chaque année 40'000 personnes à Servion, le village familial à quelques encablures au nord de Lausanne, a bien eu un grand-père hors normes.

Aubergiste, l'ancêtre Constant avait installé une salle de spectacle dans la remise, en face du bistro. En 1922, il organisait un meeting aérien qui fit sensation.

Barnabé, lui, a choisi le spectacle, le show. Il connaît chaque salle d’Europe (jauge, ouverture de scène, programmation, etc.) ; suit tout ce qui se joue et se chante de capitale en capitale. Constamment sur les routes pour entendre tel jeune talent lyrique ou tel comédien, il a le feu sacré des autodidactes. Détestant les ornières ou les étiquettes qui cloisonnent le monde de l’art en général, il est lui-même hors catégorie. Meneur de revue amateur fou d’opéra ; cabarettiste féru de musique classique. Il inaugure, le 17 décembre 2002, à Servion toujours, le plus grand orgue de cinéma d’Europe après y avoir consacré 30 ans de sa vie. L’histoire, originale comme l’était le grand-père Constant , est un résumé allégorique du personnage.

Lisbeth Koutchoumoff
Le Temps du 22 mars 2001