L'orgue de cinéma

 

Trouvé en 1970 dans les combles du cinéma Apollo de Zurich où il avait été installé par la Manufacture d’orgue M.Welte & Sohne en septembre 1928, il a été réinstallé dans le café-théâtre Barnabé en 1998. D’un modèle à l’origine No.I renforcé, 2/16, il a été restauré, complété et agrandi par la Manufacture J.D. Ayer de Vauderens selon une nomenclature originale fournie par M. Karl Heinz Dettke pour être actuellement le plus grand orgue de cinéma théâtre d’Europe (4/50) et le plus grand orgue symphonique de Suisse (150 jeux). En plus de ses 150 registres, il possède donc tous les effets cinéma possibles, une impressionnante variété de percussions, 2 groupes de 3 violons réels automatiques et un piano acoustique Gotrian Steinway pouvant être joués d’une manière nuancée directement depuis la console. Conçu par l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne, Debrunner Engineering à Inkwill et l’École d’Ingénieurs de Bienne, son système de gestion est tout à fait révolutionnaire et inédit.


Ne possédant pas de façade à l'origine, et n’ayant ainsi aucune contrainte de disposition, il a été intégré d’une façon tout à fait particulière dans la salle du théâtre Barnabé et reconstruit pour les générations futures dans une conception du 21e siècle, permettant ainsi de lui donner une deuxième vie. Les différents jeux de tuyaux et d’effets sont donc disposés sur 50 mètres de façade, tout autour du cadre de scène du théâtre et sont presque tous visibles. En plus, ils bénéficient d’un éclairage personnalisé qui permet ainsi de faire un « light show » très impressionnant.


Les auditeurs sont en quelque sorte « dans l’instrument ». On obtient ainsi une spatialisation du son et des effets « stéréo » tout à fait inédits. Une nouvelle console (4 claviers) à toucher dynamique et à « double toucher » a donc été créée. Elle est mobile et peut même se déplacer (ascenseur, scène tournante). L’organiste peut également sélectionner n’importe quel jeu sur n’importe quel clavier ou pédalier, tous les registres étant « flottants ». L’appel des jeux et effets est géré par un système inédit sur deux écrans tactiles d’ordinateur . Il permet également un enregistrement de combinaisons illimité pouvant se changer en un centième de seconde, sans bruit et sans à coup. On dispose ainsi d’une souplesse et de possibilités sonores inédites pouvant s’adapter au jeu de chaque artiste et à chaque œuvre jouée. En plus de pouvoir reproduire tous les enregistrements faits sur bande de papier perforée par les plus grands organistes au début du siècle passé, l’orgue est branché sur Internet et bénéficie d’une liaison MIDI à tous les fichiers musicaux disponibles (plus de 20'000 morceaux). On peut aussi composer de la musique directement sur la mémoire de l’instrument au moyen d’un ordinateur approprié. Bien que la tentation fut forte, toute l’électronique de cet instrument est strictement réservée à sa gestion. Tous les sons et effets produits le sont en audition directe. Cet orgue est devenu ainsi le seul instrument européen qui est la synthèse de tous les systèmes de sonorisation en direct des théâtres, résidences, salons de musique, salles de concerts et cinémas européens construits entre 1900 et 1940. Il est actuellement la vedette incontestée du théâtre Barnabé où il est utilisé pour beaucoup de spectacles ou concerts.